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Tiroir, tiroir

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Volume:
204 pages; 9 chapitres.

Exergue:
Autour de mes livres, épousant leurs bords exactement, découpé en creux sur les pleins de ma prose, il y a mon silence seulement. Et ma paresse, immense.
Maurice Bernadolome

4ème de couverture:
Maints états d’un livre, on les refusa.
Et l’on fit bien puisque celui-ci vint enfin au jour. Publiable.
Où, dans une langue aigre-douce, il est question de publication justement, d’autorité, d’écriture.
De sérénité.
Où comment la forme excédant le fond apparent finit par créer son propre fond. Un double-fond, donc, comme à un tiroir. Un tiroir doublé, en somme.
On le publia.

Autre 4ème de couverture envisagée (et finalement rejetée à la publication):
La forme se trouvait belle. Elle ondulait suavement devant la glace. Tournait et tournait, mot à mot. Pleine comme un œuf, elle se mirait sans cesse. S'aimait. Aimait se regarder onduler ainsi, comme la fumée du thé, posé près d'elle, sur la table. De son vêtement, la maille moirait en épousant sa taille.
Puis elle se sentit lasse, posa la main où le tain de la glace manquait. Le front dessus. Elle était comme morte.
La forme se dit : " Il faut que je sois forte ". Et elle le fut. Cessa de se mirer, vit le thé, se mit à tirer la table à elle et porta la masse encore fumante à ses lèvres. Elle alla mieux, revint devant la glace, et, la défiant, lui dit : " Tiroir, tiroir, dis-toi que je suis la plus belle..."

Résumé
Se défaire de l’écriture…
Dans sa course à l’éditeur, le narrateur (« je » pour ne pas le nommer) s’essouffle. Malgré la foi en son œuvre, il se résigne à ne la voir point publiée. Sur cette courbe déclinante, que viennent rebrousser localement des résistances, où viennent se poser des rencontres de bon conseil, se reposer des amitiés anciennes et bien ancrées, l’ambition littéraire elle-même semble se tarir. Toute proportion gardée, le parcours apparent serait donc à rebours de celui du narrateur proustien : écriture abandonnée, résignation à la vie, en quoi, là encore, narrateur n’est pas auteur. Du moins, pas celui de cette fiction écrite dans une langue très tendue, vivante et jubilatoire, faisant jouer la polysémie et les résonances, et où un humour grave point en maints détours.

Compléments
Le seul éditeur (connu) à qui fut proposé ce livre, après dix mois et deux entretiens, m'explicita par écrit son refus en ces termes (je cite):
" Que votre livre soit infiniment supérieur à la quasi-totalité de ce qui se publie aujourd'hui en France, et je ne reviendrai sur aucun des compliments que j'ai pu vous faire, ne saurait suffire à me convaincre. Il faut encore que je me sente en phase, en harmonie, en accord profond."
Et sur ma lassitude, précisant que je continuerai à écrire mais cesserai désormais de proposer mes textes aux éditeurs, toujours par écrit, il me répondit ceci (je cite):
" Que vous fassiez le choix de ne plus rien montrer de ce que vous écrivez me paraît déplorable et désastreux. Mais c'est votre choix."
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