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Marie N’DIAYE – Trois femmes puissantes

Quelques auteurs peuvent suffire à discréditer un prix littéraire : par leur absence. Ainsi du prix Goncourt, Kundera ne l’ayant jamais eu. La dérive de ce prix – ce lent pourrissement qui n’est peut-être que l’ordre même des choses – peut pourtant localement être démenti.
Ainsi de Marie N’Diaye.
Finesse et pertinence de l’analyse des situations et des sentiments dans ce très beau triptyque dont on remarquera la structure en retable, où alternativement en plein (le topos de la narration) et en creux (le cadre du fantasme, de l’imagination), Europe et Afrique se regardent. De sorte que, rabattus l’un sur l’autre deux à deux, les panneaux seraient en parfait emboîtement, les bas-reliefs des continents s’épousant.
Admirez au passage la trame cornélienne laissée en suspens dans le premier tableau : un père demande à sa fille avocate de venir défendre son fils (son frère à elle) d’un meurtre qu’il n’a pas commis mais dont il s’accuse généreusement à la place… du père.
Détaché, pourtant, le style peut sembler lourd à vouloir épuiser toutes les facettes d’une situation, où Marie N’Diaye, il est vrai, laisse peu de place au non-dit.
 
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